ABC arbitrage : une valeur anti-crise financière !

Bonsoir,

Après plus de 40 articles publiés sur ce blog je me rends compte que je ne vous ai toujours pas parlé, d’ABC arbitrage, alors qu’il s’agit pourtant d’une valeur dont je suis l’évolution depuis plus de 12 ans, et qui, il faut l’avouer, est une de mes valeurs préférées !

L’activité d’ABC arbitrage est toujours difficile à appréhender de prime abord. Elle n’a absolument rien d’intuitive pour la majorité des personnes qui se penchent sur le dossier. ABC arbitrage est une société française, cotée à la bourse de Paris, qui réaliser des arbitrages sur les marchés financiers du monde entier.

* De quoi s’agit-il ? Le mieux est peut-être de laisser la société vous répondre en images !

Les profits d’ABC arbitrage sont fortement corrélés aux volumes traités et à l’agitation des marchés : plus il y a de volumes et d’agitation, plus les stratégies d’arbitrages sont fructueuses. Cela tient au fait que dans un contexte de marchés financiers « bouillonnants », la société peut tirer profit d’un plus grand nombre « d’anomalies de cotations » et monétiser celle-ci sur des plus gros volumes de titres

Or, depuis 2008, date où les grandes banques centrales (La Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne, la Banque d’Angleterre ou encore la Banque du Japon) ont décidé d’inonder les marchés financiers de liquidités, les marchés financiers ont été, à proprement parlé, « anesthésiés » par cet afflux continu de capitaux, amplifié par une baisse continue des taux.

Les injections de liquidités et les facilités de crédit ont permis au banques centrales de normaliser la crise financière de 2008. Cette politique monétaire a eu pour effet secondaire de rendre les marchés financiers complètement amorphes. En traitant, par une réponse monétaire, chaque pic de volatilité (Brexit, crise grecque, élection américaine…), elles font disparaître des marchés financiers la notion même de « risque » pour les opérateurs !

Un bon indicateur de cela est l’évolution à long terme du « VIX ». Le VIX est un indicateur de volatilité (Volatility Index, abrégé en VIX) du marché financier américain. Il est établi quotidiennement par le Chicago Board Options Exchange (CBOE). Cet indice est calculé en faisant la moyenne des volatilités sur les options d’achat (call) et les options de vente (put) sur l’indice Standard & Poor’s 500.

Celui-ci est tombé brièvement, en mai 2017, sous le seuil de 10, du jamais vu depuis 24 ans (1993) !

Nous en concluons que ce contexte, depuis une dizaine d’années, n’est guère favorable aux activités d’ABC arbitrage, qui, au surplus, à du faire face, sous la présidence de François Hollande, à une évolution fiscale défavorable à son activité sur le marché parisien : la mise en place d’une taxe sur les transactions financières de 0.2% sur les grandes capitalisations cotées à la bourse de Paris, nouvelle spécificité « made in France » propre à faire fuir tous les investisseurs internationaux !

Alors, dans ces conditions, pourquoi cette valeur figure-t-elle encore dans notre « watch-list » ? Pourquoi un tel acharnement de notre part ? Trois raisons à notre entêtement :

1°/ Premièrement, dans ce contexte de régime strict « au pain sec et à l’eau », ABC arbitrage a été contrainte d’affiner ses stratégies et d’en augmenter significativement le nombre, pour développer sa rentabilité, nonobstant la basse volatilité et les faibles volumes. Au fil du temps, la société a su s’adapter aux nouvelles contraintes, en aiguisant mieux ses lames : l’objectif affiché est, aujourd’hui, de produire 90 millions de bénéfices annuels cumulés sur trois ans glissants, dans presque n’importe quel contexte de volatilité et de volume.

Pour cela, la société a fait de gros efforts depuis cinq ans :
– implantation d’un bureau à Singapour, pour pouvoir traiter tous les fuseaux horaires de cotations de toutes les grandes bourses internationales,
– implantation d’une filiale à Dublin, pour pouvoir créer des fonds « de gestion alternative » ouverts à la souscription d’investisseurs institutionnels, et ainsi développer une activité de gestion pour compte de tiers, source de commissions récurrentes,
– recrutement de nouveaux collaborateurs diplômés et déployer de nouveaux moyens informatiques.

2°/ Les différentes banques centrales à l’origine de ce contexte, ont clairement affiché leur volonté de réduire progressivement leurs interventions. D’ors-et-déjà, la réserve fédérale américaine a entamé un cycle de remontée graduelle de ses taux directeurs (déjà +75 pb de hausse depuis que ce mouvement est amorcé).  De même, la banque centrale européenne a souhaité réduire à terme ses injections de liquidités sur les marchés obligataires (en les passant dans un premier temps, de 80 milliards par mois à 60 milliards par mois). En achetant ABC arbitrage dans les niveaux actuels, nous parions donc sur cette normalisation et sur un retour probablement à plus de volatilité dans les années à venir.

3°/ Intégrer cette société dans le portefeuille, nous permet, enfin, de nous « couvrir », contre un risque de forte baisse des marchés actions, toujours synonyme d’un retour en force de la volatilité, comme cela a été le cas en 2008 et 2011. ABC arbitrage est donc une valeur anti-crise financière, car elle profite des périodes où les marchés sont particulièrement stressés !

Et, si cette éventualité ne se concrétise pas immédiatement, nous sommes payés pour détenir cette « couverture de portefeuille » en percevant un dividende semestriel qui représente aujourd’hui un rendement de presque 7% l’an, rapporté à notre prix d’achat. De quoi voir venir.

J’ajouterai enfin, que le dividende d’ABC arbitrage versé entre 2000 et 2016, représente un cumule de 9,44 euros !

Je vous souhaite un très bon week-end.

Stéphane

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1 réponse

  1. symon dit :

    merci pour cet article et la découverte de cette valeur qui vient d’intégrer mon portefeuille orienté value.