Comment survivre aux krachs boursiers ?

Bonjour,

Je suis, comme tous les vendredis, très heureux de vous retrouver dans cet article du blogbourse.

Dans les lignes qui suivent, je vais vous expliquer comment j’ai réussi à traverser les krachs boursiers de 2001/2002 et de 2008/2009, sans dommage majeur pour mes investissements.

  • Identifier les périodes à « risques élevés de correction » :

Les krachs, comme ce fut le cas en 2001 et 2008, surviennent très souvent après une période d’exubérance irrationnelle de plusieurs années, c’est-à-dire une période de survalorisation importante et de longue durée de certains actifs financiers, où :

  • de nombreux records de valorisation sont battus,
  • et surtout où les règles immuables de l’économie et de la bonne gestion sont remises en question : des concepts « bizarres » ou « hors normes » sont mis en avant par les commentateurs pour expliquer que toutes ces règles traditionnelles n’ont plus cours ou sont « has been » (nouvelle économie, prêts NINJA, obligations à taux « négatifs »).

-> 2001/2002 : bulle des valeurs technologiques : dans la période qui a précédée ce krach, les ratios financiers traditionnels ne permettaient plus de justifier la valorisation des valeurs Techno-Média-Télécom. Plutôt que d’utiliser des ratios financiers traditionnels (PER, PEG, croissance des bénéfices), les commentateurs justifiaient la valorisation stratosphérique d’entreprises en perte chronique, en inventant de nouveaux concepts tels que : la valeur par abonné par clic ou par visiteur, le « cash burn ratio », etc… !

-> 2008/2009 :  Bulle du crédit hypothécaire suivi de la crise des subprimes. Quel danger pouvait-il y avoir à prêter à tout va à des foyers américains sans travail ni patrimoine ? Les Prêts NINJA, accordés à des ménages n’ayant ni revenus, ni travail, ni actifs (de l’anglais « No Income, No Jobs and No Assets »), se sont développés à partir de 2000. De 2000 à 2006, personne n’a rien trouvé à redire à cela. La croissance rapide des prix au USA était un moyen commode de solvabiliser le consommateur américain, et certains hommes politiques trouvaient même cette pratique très sympathique (M. Sarkozy, par exemple…). Les Prêts NINJA n’ont retenu l’attention des grands médias qu’à partir de l’été 2007, lorsque la crise des « subprimes » a éclaté.

Or, les seuls éléments pour éviter ou limiter l’impact d’un défaut de paiement, et sur lesquels pouvaient compter les banques octroyant de tels prêts étaient d’une part la bonne volonté des ménages, et d’autre part l’inflation des biens immobiliers mis en hypothèque, dont l’obtention du crédit avait facilité l’achat. Très souvent, un Prêt NINJA était accordé avec un taux variable. Les ménages eux-mêmes comptaient sur l’appréciation du bien immobilier qu’ils avaient acheté pour pouvoir payer les intérêts et le capital. Or, si les prix n’augmentent plus, le remboursement du prêt devient de plus en plus difficile.

Lorsque la crise des « subprimes » a éclaté, on s’est rendu compte que ce mauvais papier avait été titrisé et revendu à toute la « planète finance ». On connait la suite…

->2017 ? : les marchés obligataires européens, entraînés par la politique monétaire « kamikaze » de la banque centrale européenne et de la bank of Japan, prêtent aux émetteurs souverains européens et japonais à taux négatif : -0.40% par an pour le bund Allemand à 10 ans, -0.10% par an pour l’OAT français, par exemple.

Certains émetteurs privés, qui bénéficient d’une très bonne notation, émettent également des prêts à taux négatifs (Unibail-Rodamco…). La surévaluation de la classe d’actif « obligataire européenne » devient criante, alors que de nombreux agents économiques sont règlementairement obligés d’acheter du papier souverain doté d’un rendement négatif pour couvrir leurs engagements à long terme (assureurs, caisses de retraites), et que plusieurs banques européennes sont d’ors et déjà fortement pénalisées par l’aplatissement de la courbe des taux.

De quelle manière sortirons-nous de cette forte surévaluation de l’obligataire européen ? Quelles seront les conséquences de la probable remontée des taux sur le bilan des assureurs et des caisses de retraite ? Quel sera le facteur déclencheur du prochain krach obligataire ? Quels seront les dommages pour votre portefeuille ? 

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Lorsque la baisse d’un marché (action, obligation, immobilier) s’enclenche, les investisseurs les plus téméraires et qui sont généralement rentrés en dernier, passent en mode panique et cherchent une porte de sortie rapide, dès l’instant où ils comprennent qu’ils ont acheté sur des plus hauts.

Après tout, lors d’une belle fête bien arrosée, vous n’avez pas envie d’être celui qui va ramasser les gobelets et éteindre la lumière, surtout si vous êtes arrivé parmi les derniers dans la soirée…

C’est pourquoi, les fonds reçoivent des ordres de rachats de clients les obligeant à liquider des positions, quel que soit le prix des titres en portefeuille et la liquidité disponible sur les marchés.

Pour aboutir à un véritable krach financier, cette situation est généralement amplifiée par un évènement extérieur et inattendu (11 septembre 2001, faillite de Lehman Brothers, ) qui marque les esprits au fer rouge et donne à la baisse une taille et une vitesse critique, comme une avalanche.

Ceci débouche rapidement sur :

  • un débouclage automatique de nombreuses positions à effet de levier (margin call), qui amplifie à son tour la baisse dans des proportions catastrophiques et irrationnelles par effet domino. Il s’agit d’un cercle vicieux : la baisse alimente la baisse et le krach se matérialise en quelques jours ou quelques semaines,
  • puis pour finir, une décorrélation complète du prix des actifs et de leurs fondamentaux.

Un plan solide de protection vous permet non seulement de survivre à ce genre d’événement, mais également d’être en possession de liquidités lorsque plus personne n’en a, et ainsi profiter d’affaires extrêmement juteuses sur les marchés.

  • Premier principe prudentiel : utiliser l’effet de levier avec précautions

On ne le répètera jamais assez : l’effet de levier, mal utilisé, peut vous conduire à des pertes substantielles et définitives. Vous ne devez jamais vous mettre dans une situation où vous pourriez faire l’objet d’un appel de marge par votre courtier.

  • Second principe prudentiel : se tenir à l’écart des classes d’actifs surévaluées

Lorsque plus aucun critère traditionnel ne permet de justifier de la valeur d’un actif, c’est qu’il est clairement surévalué. C’est le cas, actuellement, de l’obligataire européenne, duquel je vous recommande vivement de sortir.

Si vous détectez une classe d’actif surévaluée, il est prudent de s’en tenir éloigné, et payant, à long terme, d’anticiper la normalisation des cours, même si celle-ci peut intervenir au bout de plusieurs longues années.

Ainsi, dans le contexte actuel, il n’est pas déraisonnable de commencer à envisager l’achat de titres subordonnées à durée indéterminée (TSDI) à taux variable pour anticiper et profiter de la remontée des taux des marchés obligataires européens. Nous aurons l’occasion d’en reparler dans un prochain article de ce blog.

  • Troisième principe prudentiel : utiliser des stratégies défensives pour votre portefeuille

Ainsi, par exemple, lorsque les indices boursiers européens volent de records en records, il peut être payant de sécuriser les gains latents de votre portefeuille en utilisant, par exemple, des stops suiveurs.

Le stop suiveur permet d’optimiser les gains sur une valeur en programmant un ordre à seuil de déclenchement qui suivra chaque jour l’évolution du cours de la valeur. Ils permettent aussi de programmer le suivi du cours des valeurs en portefeuille – détenue au comptant ou au SRD – par un ordre de fermeture de la position (ordre à seuil de déclenchement), dont le seuil s’adapte chaque jour en fonction du cours de clôture de la veille.

Exemple d’un Stop Suiveur : vous détenez 20 actions Air Liquide. Vous programmez un ordre Stop Suiveur le 9 mars 2016, valide jusqu’au 20 mars 2016.

Caractéristiques de votre ordre : vente à seuil de déclenchement avec un écart de 5 % par rapport au cours de référence (si l’ordre est exécuté à J, le cours de référence sera généralement le dernier cours connu ; sinon, le cours de référence sera le cours de clôture de la veille).

Le cours de clôture d’Air Liquide du 9 mars 2009 est de 58,66 €. Si l’ordre n’a pas été exécuté le 9 mars, le nouveau seuil de déclenchement fixé automatiquement le 10 mars 2009 est de 55,7 € (58,66 – 5 %).

  • Dès que le cours de référence se rapproche du seuil de déclenchement de votre ordre, votre courtier transmet votre ordre sur le marché avec une validité jour, sans que vous ayez à intervenir.
  • Si l’ordre n’est pas exécuté et que le cours de clôture du jour est supérieur au cours de clôture de la veille, le seuil de l’ordre est relevé, tout en conservant l’intervalle de 5 %.
  • Si l’ordre n’est pas exécuté et que le cours de clôture du jour est inférieur au cours de clôture de la veille, le seuil de l’ordre est inchangé.
  • Si le Stop Suiveur n’est pas réalisé avant la date de fin de validité, il « tombera » et la surveillance sera abandonnée. Il faudra donc reprogrammer un nouvel ordre « stop suiveur »…

Le déclenchement de plusieurs stops suiveurs au sein de votre portefeuille permet de considérer que « la fête est finie » et qu’il est utile de conserver les liquidités issues de ces reventes, en dehors des marchés, le temps que la phase suivante de baisse se matérialise.

Bonne soirée et bon week-end.

Stéphane

PS :  Donnez-moi votre opinion dans les commentaires ci-dessous…

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2 réponses

  1. Stéphane dit :

    Bonjour,

    L’investissement dans les petites et moyennes capitalisations ne vous met pas à l’abri d’une baisse éventuelle des marchés financiers. L’étroitesse du carnet d’ordre peut entraîner des variations significatives des cours à la baisse, même en l’absence « d’ordres massifs de vente ».

    Stéphane

  2. Patrick dit :

    Bonjour Stéphane,
    Si on considère que les indices boursiers  » volent de records en records » , quoique avec par exemple un CAC a 4500 points cela soit discutable, ne conseilleriez vous pas de se positionner sur les valeurs moyennes , voire de petites capitalisations, généralement délaissées par les institutionnels, pour éviter de possibles ordres de ventes massifs ?