Les datacenters : le « brick and mortar » de l’internet

Bonsoir,

Dans les allées d’un centre de données informatiques, on ne croise qu’une poignée d’employés et des rangées de placards informatiques entourés de grilles, d’où émanent un ronronnement continu. Dans un seul centre, les baies de stockage accueillent couramment 80 000 serveurs – des unités centrales – qui réceptionnent, traitent et stockent une partie des milliards de données informatiques (recherches, mails, vidéos, photos, etc.) transitant chaque seconde sur le Web.

Les centres de données informatiques sont des bâtiments qui, comme les hôpitaux répondent à un cahier des charges spécifiques à l’activité qui s’y développe. Les spécificités de ces « usines du numériques » sont telles, qu’elles imposent souvent, dès la conception du bâtiment, une localisation et une architecture idoine.

Ces spécificités sont autant de barrières au développement de la concurrence,  dans un contexte de croissance effrénée des technologies de l’information :

  • des besoins importants en énergie électrique, Pour fonctionner, ces centres de données ont besoin d’énormément d’énergie. Certains centres sont des ogres qui consomment des puissances de 14 MW, à 20MW soit chaque année l’équivalent de la consommation d’une ville comprenant entre 20 000 et 70 000 habitants.
  • des besoins de refroidissement, De l’électricité, il en faut pour alimenter les ordinateurs, bien sûr, mais aussi et surtout pour refroidir les salles et les équipements, afin d’éviter qu’une surchauffe n’entraîne un dysfonctionnement ou une destruction des machines. Le système de climatisation et de refroidissement des serveurs informatiques est installé, de façon redondante, pour garantir aux clients finaux, une absence totale d’interruption du service, même en cas de panne ou de maintenance d’un appareil de refroidissement (climatiseurs à eau ou à air). Greenpeace estime que l’ensemble des datacenters de la planète consomment environ 2% de l’électricité produite dans le monde !
  • une localisation géographique favorable. Ce type de bâtiment doit être construit, idéalement :
    – à proximité d’une ligne importante du réseau internet (fibre noire),
    – à proximité d’une ligne électrique, ou d’un nœud  de lignes électriques qui garantira en permanence, une puissance électrique suffisante et redondante.
    – dans une zone au climat froid ou tempéré, pour éviter d’augmenter encore les besoins de refroidissement du bâtiment (Canada, nord des Etats-Unis, nord de l’Europe, …),
    – et, à proximité d’une zone dense où la chaleur dégagée pourra être recyclée et revendue pour chauffer des habitations ou des bureaux voisins.

Pour produire un service de qualité, les centres de traitement de données doivent respecter quelques mesures essentielles. Dans un premier temps, un contrôle régulier voire constant de l’environnement doit être fait : surveillance de la climatisation, des risques d’incendie … Une catastrophe de ce genre pourrait causer la perte de milliards de données. De plus, cet espace doit être équipé d’un système d’alimentation d’urgence, en risque de panne. Il doit être également surveillé par des personnes physiques pour éviter toute intrusion ou pour agir rapidement en cas de problèmes majeurs.

Ces bâtiments sont donc fortement sécurisés contre toute sorte de risques : à l’allure discrète d’entrepôts aux lignes épurées, perdu dans des zone périurbaines, ils abritent tous une fraction de l’effervescence et de la profusion d’Internet en toute discrétion !

Plusieurs foncières cotées américaines sont spécialisées dans la construction et la location de cellules ou d’espaces pour serveurs informatiques, dans ce type de bâtiments, dont la demande croît à un rythme rapide depuis une dizaine d’années (hébergement d’infrastructures informatiques, cloud, internet…).  La demande pour ce type d’immobilier, qui est le « brick and mortar » de l’internet, croit à la vitesse d’internet !

Dans ce secteurs, deux valeurs ont intégré le « portefeuille à dividendes croissants » en fin d’année 2016 :

  • Digital Realty Trust, Inc. (DLR) est la première foncière cotée au monde dédiée au secteur data centre et fournit des solutions d’espaces techniques sécurisés, fiables, économiques et adaptées aux besoins de ses clients. Digital Realty compte parmi ses clients les plus grandes entreprises nationales et internationales leader sur leur secteur d’activité : nouvelles technologies, fournisseurs de services de services informatiques et Cloud Computing, opérateurs télécoms, institutions financières.Le dividende de cette société est en croissance rapide depuis douze ans.
  • Cyrusone (CONE) est un concurrent direct de Digital Realty Trust, Inc, qui développe la même activité aux Etats-Unis, en Angleterre et à Singapour. Nous pense que cette société, de plus petite taille que DLR (avec une capitalisation de 5 milliards, contre 22 milliards pour DLR), est également bien placée pour profiter de la croissance de ce secteur d’activité. Le dividende est en forte croissance depuis quatre ans et beaucoup de nouveaux développements sont en cours.

Nous avons investi dans ces deux REITs  américaines, début novembre 2016, à l’occasion d’un accès de faiblesse généralisé des foncières cotées outre-atlantique : DLR à 91,70 USD et CONE à 42 USD. Nous conservons précieusement ces deux lignes car il s’agit de deux valeurs à dividendes croissants, dans un secteur d’avenir.

Bonne soirée et bon week-end.

Stéphane

_______________________

Les informations délivrées par ce site sont données à titre pédagogique. Elles ne constituent en aucun cas des recommandations d’investissement ou un conseil en investissement financier. Le lecteur se doit d’étudier les risques avant d’effectuer toute transaction. Il est seul responsable de ses décisions d’investissement. En consultant cet article, vous reconnaissez que son auteur ne peut être tenu pour responsable des préjudices directs, indirects ou consécutifs découlant de l’utilisation des informations et matériels contenus dans celle-ci ou d’autres matériels auxquels vous pourriez avoir accès par le biais de liaisons hypertextes à partir de celle-ci. Les informations et les chiffres fournis peuvent comporter des inexactitudes. L’auteur peut détenir des titres ou produits mentionnés. Il ne prend jamais de positions opposées à ce qui est indiqué dans cet article de blog.

 

Vous aimerez aussi...

3 réponses

  1. Howdy dit :

    Super idée d’investissement, merci !

  2. Pierre dit :

    C’est plus une chance qu’un risque…

    Avec le secteur des datacenters, nous avons le meilleur des deux mondes : la croissance de l’internet, et la régularité et la prévisibilité d’un investissement immobilier locatif indirect en foncières cotées.

    Merci Stéphane pour la qualité de vos articles.

    Pierre P.

  3. Patrice dit :

    Bonjour Stéphane,

    Merci pour cet article de qualité qui nous permet d’aller au coeur de ce secteur moins connu des foncières cotées américaines.
    Et avec le développement du Big Data, les besoins risquent de progresser.

    Patrice de minihedgefund.fr