Nos dix principes de gestion…

Vous souvenez-vous de la première fois où vous avez investi sur une action ou dans un fonds d’investissement  ?

En regardant en arrière, au jour où j’ai réalisé mon premier investissement en bourse, je me rends compte à quel point je manquais de connaissances et d’expérience pour comprendre ce que je faisais. Ce type de compétence ne se reçoit pas en héritage, cela s’apprend !

En matière d’investissements financiers, lorsqu’une personne apprend des erreurs des autres, elle réalise souvent une très bonne « affaire », car elle va pouvoir progresser sans subir de perte financière.

Or, souvent, le coût de l’apprentissage par l’expérience personnelle, en matière d’investissement en bourse, est très élevé. Souvent plusieurs dizaine de milliers d’euros !

Voici donc 10 grands principes à appliquer dans vos investissements en bourse, en titres vifs. Rétrospectivement, j’aurais vraiment aimé que l’on m’enseigne ces dix « mantras » à mes débuts !

Même si vous n’êtes plus un débutant dans l’investissement en bourse, ces dix grands principes vous aideront à renforcer vos connaissances d’investisseur  et vous aiderons à éviter des erreurs à venir.

Chaque principe est listé ci-dessous :

1. Ne soyez pas obnubilé par le rendement du dividende

L’une des plus grosses erreurs des investisseurs qui cherchent à investir dans des sociétés à dividendes pérennes est de rechercher, de prime abord, de gros dividendes voire de très gros dividendes.

Malheureusement les gros dividendes sont le marqueur d’un risque important, car le gros dividende vient compenser le risque extrême pris par l’investisseur qui va racheter les titres d’un autre investisseur, désireux de sortir de la « galère » que représente son investissement de départ.

Or, la plupart du temps les gros risques  ne produisent pas les meilleurs performances globales. Le dividende, quelle que soit son importance, peut être coupé ou encore annihilé par une perte en capital de pareil montant.

Il existerait même plutôt une corrélation inverse entre le risque pris (exprimé par un indicateur de volatilité, par exemple) et la performance à long terme : les actions qui ont une meilleure performance de long terme que leur marché sont souvent moins volatiles que leur marché.

Pour le dividende, c’est pareil : un très gros dividende correspond à un très gros risque qui correspond, en règle générale, à une moindre performance pour votre portefeuille.

Exemple : le titre « pages jaunes » a occupé pendant de très nombreux trimestres le haut du classement des plus gros dividendes à la bourse de Paris, souvent à plus de 10% l’an. Or, « Pages jaunes », devenu depuis lors « Solocal group » a été une catastrophe boursière : – 96% en 5 ans pour un résultat financier qui baisse d’année en année. De restructuration en restructuration, cette société lutte pour sa survie.

2. Recherchez avant tout un dividende de qualité

Un dividende de grande qualité est un dividende régulièrement versé et en croissance chaque année sur une durée d’au moins 10 ans.

Pour une société, être capable de verser un dividende en croissance régulière sur une durée de 10, 15 ou 25 ans est le marqueur d’un avantage concurrentiel certain. Comment peut-il en être autrement, si l’on veut bien tenir compte de la pression exercée sur les marges et la croissance de l’activité, par les concurrents ?

Plusieurs indices ont été construits sur la base d’un tel cahier des charges, tant en Europe qu’aux États-Unis. Le plus célèbre est certainement  » The dividend Aristocrats Index »  qui comprend les actions du S&P 500 avec plus de 25 ans consécutifs de hausse du dividende.

Exemple de valeur bénéficiant d’un dividende de qualité : Foncière de Paris, Selectirente, Nestlé, Sanofi, L’Oréal, Danone, Essilor international, etc…

3. Restez dans votre champ de compétence

Il n’est malheureusement pas possible d’être un expert dans tous les domaines ou secteurs de l’économie. Toutefois, votre parcours universitaire ou professionnel et vos centres d’intérêts peuvent vous prédisposer à investir dans certains domaines ou secteurs.

Il peut être intéressant d’utiliser cet avantage concurrentiel pour vos investissements en vous spécialisant : le matériel médical ou les entreprises pharmaceutiques si vous êtes médecin ou pharmacien, les foncières cotées si vous travaillez dans le domaine de l’immobilier, etc…

Investir dans des affaires que vous comprenez bien vous donnera donc un avantage concurrentiel par rapport aux autres compétiteurs. Rappelez-vous également qu’il est préférable de rater une bonne affaire, plutôt que d’en faire une mauvaise, et qu’il est également important de pouvoir expliquer ses erreurs et donc de comprendre ce que l’on fait…

4. Adoptez et suivez un plan d’investissement fiable

Il est important de définir un plan d’investissement, AVANT de se lancer, car cela permet de définir ce que vous voulez vraiment et les actions que vous devrez mettre en place pour atteindre cet objectif. Pour cela vous devez répondre à plusieurs questions préalables :

  • quel est votre horizon d’investissement, c’est-à-dire, à quelle date vos fonds doivent être disponibles pour un autre usage que la bourse ? Si la réponse se situe dans moins de 5 ans, vous ne deviez pas investir en bourse. L’investissement en bourse donne de très bons résultats à long terme, et un horizon de long terme diminue sensiblement les risques de perte ou de performance décevante.
  • quel niveau de risque êtes-vous prêt à l’assumer ? Si vous ne supportez pas l’idée d’être en moins-value sur votre portefeuille ou sur certaines lignes de votre portefeuille, à un moment ou un autre, vous ne devriez pas investir en bourse. Les fluctuations à la hausse et à la baisse font partie de l’investissement en bourse, car il s’agit d’un marché où la loi de l’offre et de la demande conduit à une variation sensible et permanente des prix. Ces fluctuations sont de grande ampleur et permettent parfois de faire des affaire exceptionnelles. Elles peuvent également engendrer des moins-values latentes très importantes. Il suffit pour s’en convaincre, d’examiner les fluctuations passées des indices boursiers : parfois jusqu’à plus de 50% de baisse par rapport aux plus hauts (exemple 2008-2009 pour l’indice cac 40).
  • quel niveau de revenus aurez-vous besoin de tirer de votre portefeuille et quand ? S’il s’agit de revenus à percevoir immédiatement pour compléter une retraite, vous devrez choisir des actions adaptées à cet objectif. Si l’investissement est fait dans le but de préparer une retraite future, votre latitude quant au choix des actions est plus grande, car vous n’avez pas absolument besoin de générer un dividende, dans un premier temps.
  • Envisagez-vous d’investir un capital ou une épargne mensuelle ? L’investissement régulier d’une somme fixe, tous les mois, est plus confortable d’un point de vue psychologique, car elle vous permet de lisser vos prix d’achats et de vous acclimater progressivement à la volatilité des actions.
    Si vous disposez d’un capital important dès le départ, vous pouvez également adopter cette approche en fractionnant dans le temps vos achats sur plusieurs mois ou trimestres pour rentrer « progressivement dans le bain ». Un pourcentage fixe de vos avoirs peut être investi chaque mois, en particulier si les marchés semblent déjà bien valorisés.
  • Quelle sera votre fréquence d’intervention sur le portefeuille ? Je vous recommande vivement de ne pas faire plus d’une ou deux opérations par mois. Dans un premier temps, vous ne devriez faire que des achats.

Si vous décidez d’investir dans des actions, vous deviez également définir vos règles d’intervention : quels types d’actions (des actions à dividendes pérennes et croissants, par exemple), dans quels secteurs d’activité (à l’intérieur de votre cercle de compétence), selon quels critères vous décidez d’acheter et selon quels critères vous déciderez de vendre.

Comme beaucoup de choses dans la vie, penser à tout cela en amont vous permettra d’augmenter sensiblement vos chances d’atteindre vos objectifs !

5. Comprendre la notion de « valeur »

Selon Warren Buffett, « Notre but est de découvrir des compagnies extraordinaires à des prix ordinaires et non des compagnies ordinaires à des prix extraordinaires. »

Warren Buffett a l’habitude d’investir dans des entreprises qu’il juge sous-évaluées mais disposant d’un potentiel de croissance important. Cela le conduit à distinguer le prix et la valeur. Pour lui, « Le prix est ce que vous payez, la valeur est ce que vous recevez ».

Autrement dit, il est important d’acheter des valeurs de qualité lorsqu’elles sont dépréciées, c’est-à-dire en dessous de leur valeur réelle, soit parce que le marché est lui-même globalement bas (après un krash, par exemple), soit parce qu’un évènement mineur ou de court terme en a déprécié temporairement le cours.

Pour apprécier si une valeur est « chère » ou « bon marché », vous pouvez vous référer à l’évolution dans le temps du PER, ou « price earning ratio »qui est la division du cours d’un titre, par le bénéfice annuel par titre.

Vous pouvez également vous référer à l’évolution du % dividende rapporté au prix. Un pourcentage supérieur à la moyenne historique donne une bonne indication d’un niveau de prix attractif pour un titre, en particulier si celui-ci a une politique de distribution régulière.

6. Soyez concentré sur le business

L’évolution des graphiques de cours de bourse peut donner une indication sur la psychologie générale des marchés, ou la psychologie des intervenants sur tel ou tel titre. Toutefois, l’examen des cours de vous dira rien sur l’évolution de la marche des affaires et est même souvent nuisible pour conserver votre sang froid en cas de forte volatilité à la baisse.

Il est important de garder en tête qu’en achetant des actions, vous devez co-propriétaire d’une entreprise. Toutes les personnes présentes dans l’entreprise vont désormais travailler pour vous, en proportion des parts que vous détiendrez dans celle-ci. Ce business tournera pour vous et peut vous enrichir chaque année, pour une très longue période de temps. Une action n’est pas un simple morceau de papier ou quelques lignes de code dans un ordinateur.

Votre investissement sera une réussite, si et seulement si, dans le monde réel, l’entreprise fait des bénéfices, en distribue une partie à ses propriétaires et se développe harmonieusement en faisant face à la pression concurrentielle. C’est pourquoi, l’analyse fondamentale de chaque entreprise mise en portefeuille, est un facteur déterminant dans le succès de vos investissements.

Point n’est besoin d’avoir des tuyaux ou des informations d’initiés. La lecture et la compréhension de l’information financière, disponible en ligne sur le site de chaque société, et diffusée publiquement aux marchés, de trimestre en trimestre, est amplement suffisante pour vous donner un avantage énorme sur tout ceux qui ne font pas cet effort.

7. Investissez à long terme

« Notre durée d’investissement préférée est pour toujours »  nous dit également Warren Buffett

Les opérations spéculatives doivent représenter une part minoritaire de votre activité en bourse et de votre portefeuille. De plus, l’agitation conduit à des frais généralement inutiles qui grève la performance à long terme.

Des études sérieuses réalisées sur les comptes titres des particuliers montrent que les investisseurs qui ont la meilleure performance à long terme sont ceux qui traitent le moins sur les marchés.

8. Ne soyez pas obsédé par la performance à court terme

A court terme, les marchés financiers sont très volatiles. Cela fait partie du jeu. Il faut donc considérer que la performance à court terme n’est pas un indicateur fiable de la performance que vous ferez à long terme.

Un titre de qualité peut baisser en quelques jours ou quelques semaines de 30 ou 40% sans raison particulière. Cela ne signifie pas forcément que l’analyse qui vous a conduit à acheter ce titre est invalidée.

9. Soyez mentalement prêt à affronter un marché baissier

Un marché baissier constitue une opportunité extraordinaire d’enrichissement. Si vous êtes un investisseur de long terme, vous devez savoir qu’il n’existe qu’un seul moyen de faire des affaires extraordinaires : attendre une baisse sensible des marchés financiers pour réinvestir à prix cassé.

S’agissant de la valeur de vos actifs, pendant cette période difficile, vous devez avoir suffisamment de détachement pour ne considérer que trois informations : votre prix d’achat, le montant du dividende annuel rapporté à votre prix d’achat pendant toute la durée du placement, et le prix auquel, un jour, vous solderez vos positions.

Les meilleures affaires se font à l’achat, après un krach boursier de grande ampleur. Dans un tel contexte, les épargnants qui soldent leurs position transfèrent définitivement une très grosse part de leur richesse personnelle à ceux qui ont le courage de leur racheter leurs titres, à prix cassés.

Les marchés baissiers sont une chance extraordinaire pour les investisseurs qui ont la bonne attitude mentale !

10. Sachez quand vendre

Un bon principe est également de définir par avance selon quels critères vous vendrez une ligne de votre portefeuille.

S’agissant de notre portefeuille d’actions à dividendes croissants, la revente sera exceptionnelle car, par hypothèse, nous cherchons à sélectionner des titres dont la distribution va augmenter d’années en années. Pour en bénéficier, il faut donc, par hypothèse, rester investi sur plusieurs années !

Deux règles peuvent être retenues pour un portefeuille d’actions à dividendes croissants :

  • vous vendez si le dividende est coupé, partiellement ou totalement, car le titre ne répond plus au critère d’achat initial : un dividende pérennes et, si possible, croissant,
  • ou vous vendez si le titre devient absurdement cher, par exemple, si le PER (price earning ratio) dépasse 40 fois le bénéfice annuel…