Fonds en euros ou actions, que faut-il préférer pour le long terme ?

Bonjour,

L’épargnant se trouve confronté au problème de la gestion de son argent, à plusieurs stades de sa vie professionnelle et familiale. C’est le cas lorsque les sommes accumulées grâce à une épargne patiente, ou bien celles reçues à la suite d’une vente, d’une donation ou d’un héritage dépassent les besoins immédiats.

Il lui faut alors investir ou placer cet épargne, dans le but d’en assurer la conservation ou la progression dans le temps en vue d’un projet important comme les études des enfants, l’achat d’une maison ou en prévision de la retraite. A travers ces exemples, il apparait que la durée du placement va typiquement varier de quelques années à plusieurs dizaines d’années. L’horizon d’investissement est une donnée essentielle à prendre en compte avant toute décision en la matière.

Second paramètre important : le rendement potentiel de chaque classe d’actifs et les risques des grandes catégories d’investissements telles que l’immobilier, les obligations et les actions. Il devra toujours être conscient que les valorisations et les performances potentielles de ces actifs passent par des cycles et que ceux-ci, se trouvant mal synchronisés, induisent à une erreur classique : se fier seulement aux résultats récents de chaque catégorie.

Parmi ces trois grandes classes d’actifs, quelles que soient les analyses, le placement en actions est généralement reconnu comme le plus rentable à travers le temps. Son rendement global, de l’ordre de 8% à 10% par an selon différents calculs, reflète depuis des décennies la rentabilité moyenne des entreprises du monde libéral. Rien d’étonnant car cette fourchette correspond grosso modo à la rentabilité des capitaux propres de l’ensemble des entreprises cotées sur les marchés mondiaux. Elle est le résultat de leur capacité à «créer de la valeur» en utilisant de manière concurrentielle les capitaux qui leur sont confiés à produire des biens et services répondant à une demande solvable.

Toutefois, le marché des actions souffre de la réputation sulfureuse que lui ont faite les nombreux épargnants qui y ont perdu de l’argent. Avec pour principales causes les défauts de transparence, la volatilité des cours et l’ampleur des cycles. En théorie, comme sur tous les vrais marchés, les cours  fixés au niveau où s’équilibrent l’offre et la demande sont bien censés représenter la valeur des entreprises à un moment donné. Mais ce niveau dépend exagérément des anticipations d’une foule d’opérateurs influencés par des prévisions dont l’instabilité provoque des phénomènes de mode, ou même de panurgisme. La progression séculaire du marché des actions se trouve ainsi entrecoupée d’accélérations et de retours en arrière parfois violents et profonds.

En France, pendant de nombreuses années, la décision difficile qui consiste pour de nombreux épargnants à investir, en conscience, dans la classe d’actifs « actions », a été éludée ou reportée sine die en raison de l’existence des fonds en Euros. Pendant plus d’une génération, la majorité des épargnants français ont préférés investir sur ce support obligataire, qui leur a permis de bénéficier d’une rentabilité légèrement supérieure à l’inflation, d’une totale sécurité, d’une liquidité parfaite, et d’une absence totale de volatilité. Le meilleur des mondes, en quelque sorte…

Or, la baisse des rendements des fonds en euros se poursuit depuis plusieurs années tant et si bien que la rémunération moyenne est tombée, en 2016 à environ à 2% nets de frais de gestion et avant prélèvement sociaux. Pour la majorité des épargnants, ce niveau est encore « acceptable faute de mieux » car il reste supérieur au taux d’inflation « officielle » (1,65% après prélèvements sociaux, contre 0,5% d’inflation).

Mais pour l’avenir, que va-t-il se passer si l’inflation repart un tout petit peu à la hausse ? Et qu’en est-t-il si on compare, dès aujourd’hui, ce rendement « réel » avec l’inflation « réelle » ?

Les rendements des fonds en euros, en se dirigeant à court terme vers une rentabilité de l’ordre de 1% par an, vont passer, pour la première fois de leur histoire, au-dessous du taux de l’inflation réelle et de l’inflation officielle. Cela aura pour conséquence d’entraîner une perte « officielle » de pouvoir d’achat pour les épargnants en fonds euros, situation complètement inédite depuis 35 ans !

Perte de pouvoir d’achat ou volatilité et risques à court terme ?

Pour ma part, je ne suis pas intéressé par un placement « acceptable faute de mieux ». Je choisis en conscience les actions, car ce qui m’importe, c’est d’obtenir une GRANDE progression de mon pouvoir d’achat pour le jour (lointain) où j’aurai véritablement besoin de mon épargne, et non l’évolution chaotique des cours de bourse en cours de route.

Lorsque je pars en vacances, ce qui compte le plus pour moi est la beauté des paysages à l’arrivée, et non ceux du bord de l’autoroute !

Je vous souhaite un très bon week-end à tous.

Stéphane Grimaldi

 

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2 réponses

  1. Stéphane dit :

    Je vous remercie pour vos encouragements. Bien entendu, « chemin faisant », il faudra certainement réduire les risques avant votre « arrivée » à l’âge de la retraite.

    Bonne journée et bon week-end prolongé.

    Stéphane

  2. Roman dit :

    Bonjour Stéphane,

    « Lorsque je pars en vacances, ce qui compte le plus pour moi est la beauté des paysages à l’arrivée, et non ceux du bord de l’autoroute ! »

    Attention toutefois avec cette analogie, car lorsque vous partez en vacances l’arrivée est généralement fixée par avance, ce qui n’est pas le cas avec les marchés financiers à cause de leur volatilité.

    Il serait en effet dommage que quelques mois avant votre « arrivée » en bourse, vos actions fassent -30% suite à un krach… Ce qui est arrivé il n’y a pas si longtemps et qui a impacté beaucoup de personnes proches de la retraite et/ou de retraités si on en croit les études à ce sujet.

    Maintenant, devaient-elles avoir autant d’argent placé en bourse par rapport à leur situation ? Peut être pas, mais c’est une autre question.

    Amicalement,

    R.

    PS: Continuez, je trouve que votre blog est super !