Ingenico : le champion du paiement « dématérialisé »

Bonsoir,

La lutte contre le terrorisme ou le blanchiment de l’argent sale sont les prétextes classiquement mis en avant par de nombreux Etats, pour limiter la circulation du cash et favoriser les transactions électroniques ou scripturales.

En réalité, les Etats trouvent là un moyen de surveiller l’activité économique des contribuables et de rendre la « matière imposable » beaucoup plus visible et facile à contrôler et appréhender.

En France, par exemple, les paiements en liquide ne sont plus autorisés qu’à hauteur de 1000 euros (contre 3000 euros auparavant), et l’on parle régulièrement de la démonétisation du fameux billet de 500 euros, le « Ben Laden » que l’on ne voit jamais dans les portefeuilles, mais qui fait couler beaucoup d’encre ! (Le « Ben Laden », c’est ainsi que l’ont nommé les services secrets britanniques et espagnols !)

Pour les banques et de nombreux acteurs financiers, les paiements dématérialisés sont également une très bonne source de chiffre d’affaire récurrent et prévisible : les banques vendent des cartes de crédit et facturent un pourcentage sur tous les commerçants équipés pour les accepter, sur des milliards de transactions. Comparativement, le chèque est gratuit. Il coûte et ne rapporte rien. Les banques font tout pour le faire disparaître.

Enfin, pour les commerces en ligne, en très fort développement dans le monde, le paiement électronique est juste une condition « sine quoi non » de leur existence ! Sur internet, personne ne paye par chèque ou en liquide…

Comment tirer le meilleur partie de cette évolution tendancielle et de cette forte volonté politique, que l’on constate au quatre coins du monde ? (et qui s’exprime parfois avec beaucoup de brutalité. Je pense, en particulier, à l’Inde, où les « grosses coupures » ont été démonétisées par L’Etat, en quelques jours seulement, créant un chaos extraordinaire dans tout le pays).

Les sociétés les plus susceptibles d’en profiter sont celles qui se développement dans le domaine du « paiement dématérialisé », et parmi celle-ci, j’ai souhaité vous parler ce soir d’INGENICO GROUP.

INGENICO GROUP

Avec son offre de solutions de paiement sécurisées sur l’ensemble des canaux de vente, Ingenico Group (Euronext: FR0000125346 – ING), leader mondial des solutions de paiement intégrées, accompagne les évolutions du commerce de demain. S’appuyant sur le plus large réseau d’acceptation dans le monde, les solutions d’Ingenico group s’adaptent à la fois aux exigences locales et aux ambitions internationales de ses clients. Ingenico Group est le partenaire de confiance des institutions financières et des marchands, des petits commerçants aux enseignes référentes de la grande distribution.

Au fil du temps, ce qui n’était au départ qu’une petite société française, est devenue le n°1 mondial des solutions de paiement électroniques présente dans 170 pays : terminaux de paiement, paiement en ligne et autres services de paiement à forte valeur ajoutée. Cette réussite provient d’une très forte croissance interne doublée d’un grand appétit pour les rachats « opportunistes », depuis 1985, date de son introduction à la bourse de Paris.

Pourtant, malgré une réussite insolente sur les dix dernières années, le groupe a lancé en 2016, et pour la première fois depuis 2009,  un « profit warning » en raison d’un trou d’air sur le marché américain et sud-américain des cartes bancaires. Elle a été contrainte d’abandonner les objectifs pour 2020 qu’elle avait formulé en mars 2016.

En cause, un décalage temporel dans la migration des États-Unis vers les cartes à puce (qui affecte également le français « Gemalto »). Le marché américain représente 10% des ventes d’Ingenico Group et le brusque changement de réglementation dans la norme EMV est pointé du doigt. La dégradation de l’économie brésilienne et le ralentissement plus rapide qu’escompté en Chine, ont également impactés, dans une moindre mesure, la diffusion de ses produits.

I – Sur l’année 2016

  • Chiffre d’affaires annuel : 2 312 millions d’euros
    • +8% en données comparables
    • +16% en données comparables hors Etats-Unis et Brésil
  • Faits marquants :
    • Accélération de la croissance d’ePayments (+11% sur l’année et +19% au T4)
    • Montée en puissance des solutions omnicanal
    • Excellente activité en 2016 en Europe (+14%) et en Asie-Pacifique (+25%)
  • EBITDA: 476 millions d’euros soit 20,6% du chiffre d’affaires
  • Free cash-flow à 248 millions d’euros, soit un taux de conversion FCF/EBITDA de 52%
  • Résultat net part du Groupe: 244 millions d’euros, en progression de 6%
  • Proposition d’un dividende de 1,50 euro, en progression de 15%

II – Sur le dernier trimestre

  • Chiffre d’affaires : 594 millions d’euros
    • +5% en données comparables
    • +11% en données comparables hors Etats-Unis (pénalisés par un effet de base défavorable)
  • Activité très soutenue en Europe-Afrique et en Asie-Pacifique
  • Poursuite de la dynamique positive pour l’activité ePayments
  • Mise en place de la nouvelle organisation opérationnelle. Désormais le Groupe communiquera autour de deux segments : Banques et Acquéreurs et Retail
  • Chiffre d’affaires du premier trimestre selon la nouvelle organisation :
    • Banques et Acquéreurs : 351 millions d’euros (+6%)
    • Retail : 243 millions d’euros (+3%)
  • Objectifs 2017 confirmés :
    • Croissance organique de l’ordre de 7%
    • Marge d’EBITDA légèrement supérieure à celle de 2016 (20,6%)

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Au plus haut, le titre culminait à 127,50 euros en août 2015. Depuis lors, le repli a été marqué, d’environ 30%.

Avec un cours dans un fourchette de 82/84 euros, le PER est actuellement proche de 18  fois le bénéfice 2017. Ce prix est raisonnable pour commencer à s’intéresser à une société de forte croissance, d’une telle qualité. A un horizon de 2/3 ans, le potentiel de réévaluation nous paraît intéressant, en particulier si les difficultés rencontrées au Etats-Unis sont surmontées par la société, et que le news-flow sur le titre s’améliore…

Bonne soirée et bon week-end.

Stéphane

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