8 conseils pour ne plus agir en bourse sous l’emprise des émotions

En bourse, les émotions peuvent conduire à des décisions incohérentes ou, au contraire, empêcher des choix judicieux.

Agir en bourse sous l’emprise des émotions peut donc nuire gravement à votre santé financière. En effet, la peur ou la cupidité peuvent vous inciter à agir à l’inverse de vos intérêts les plus élémentaires comme par exemple acheter des actions au plus cher ou solder vos positions en perte dans une phase de baisse des marchés.

Alors, comment faire pour éviter cet écueil ? Je vous propose 8 conseils simples pour mieux gérer vos émotions !

 

1°/ Suivre en toute circonstance votre plan d’investissement

Nous avons déjà vu l’importance de définir un plan d’investissement (rubrique : 10 principes).

En remettant en cause votre plan d’investissement vous vous remettez brusquement en cause. Or, une certaine confiance en vous doit vous permettre de croire en votre stratégie et donc de la suivre à la lettre en toute rationalité. Modifier le plan, en cours de route, c’est prouver que vous n’avez pas pleine confiance en votre modèle.

Pourtant tout modèle accuse des pertes transitoires, mais les meilleurs investisseurs sont ceux qui s’en tiennent au plan, évitant de perdre beaucoup quand on peu perdre peu et de se positionner ailleurs, sur un coup de tête, pour une meilleure fortune.

Ainsi à partir du moment où vous ne suivez plus un plan prédéterminé,vous êtes gouverné par les émotions et c’est là que vous prenez le plus de risque, et c’est d’ailleurs là où les achats frénétiques ou les ventes paniques se font voir.

 

2°/ Étudier les crises du passé pour mieux apprivoiser la « volatilité » des marchés

L’étude des crises du passé donne une bonne indication de ce qui pourrait survenir à l’avenir. La bourse est très volatile à certains moments.

Les krach boursiers sont de formidables accélérateurs d’enrichissement pour les investisseurs de long terme.

Ils permettent de transférer la fortune des « mains tremblantes » ou de ceux qui utilisent inconsidérément l’effet de levier, qui vendent au plus bas, entre les mains des « investisseurs » de long terme.

Les crises peuvent également concerner un secteur bien particulier de la cote : citons, par exemple, pour la période actuelle, les valeurs pétrolières ou parapétrolières (liée à la baisse actuelle du cours du pétrole), les valeurs liées au tourisme (liée à la baisse de fréquentation post attentats), ou supposément affectées par le Brexit.

C’est généralement dans les périodes difficiles que les meilleures opportunités d’achat se matérialisent.


3°/ Ne pas vérifier continuellement la valeur du portefeuille, les cours de bourse ou les graphiques

Une consultation assidue des cours de bourse ou des graphiques ne devrait se faire que dans deux circonstances :

  • vous disposez de fonds à investir (nouveaux versements ou dividendes à réinvestir) et vous recherchez un point d’entrée intéressant sur un titre de votre « watch list »,
  • vous planifié le calcule de la performance de votre portefeuille à échéance périodique (mensuelle ou trimestrielle, en fonction de ce que vous avez défini au départ dans votre plan d’investissement),

Pour le reste, la consultation est chronophage et inutile. Elle développe en vous une approche de « joueur » qui recherche l’excitation du jeu et pousse à la suractivité. Elle ne peut, tout au plus, qu’avoir comme conséquence d’agiter vos émotions, et de vous balloter de hausses successives en baisses successives, ce qui n’est pas véritablement souhaitable.

A court terme, la bourse est et reste une « machine à voter ». Elle ne vous donne pas la vraie valeur de ce que vous possédez, mais seulement l’opinion d’une poignée d’opérateurs qui interviennent sur le marché à un instant T : quelques acheteurs face à quelques vendeurs, qui se confrontent ponctuellement dans le carnet d’ordre.

Si vous disposez de temps à investir dans la gestion de votre portefeuille, il est de loin préférable de le passer à étudier les sociétés que vous possédez déjà ou que vous convoitez, au travers de la lecture de l’information financière et de le passer également à vous former.

 

4°/ Investir de façon régulière pour lisser vos prix de revient

La mise en place d’un versement programmé sur votre portefeuille vous permet de lisser vos prix d’achat en bénéficiant des périodes baissières, pour réduire vos prix de revient.

Vous pouvez, par exemple, décider d’ajouter un montant mensuel fixe de 500 euros à votre portefeuille. Grâce à ce versement périodique vous pouvez vous renforcer dès qu’une ligne est en baisse de 20% sans raison apparente.

 

5°/ Se concentrer sur l’évolution du « business » et non sur l’évolution des prix

L’étude des rapports semestriels ou des rapports annuels vous donne un énorme avantage concurrentiel sur les autres compétiteurs qui ne font pas cet effort.

99% de l’information utile est en libre accès, sans frais, sur internet, sur les sites des sociétés mais très peu d’investisseurs lisent les rapports annuels ou semestriels !

La consultation régulière des communiqués de presse et des rapports périodiques vous permet d’avoir une connaissance intime des affaires dans lesquelles vous investissez et de pouvoir faire clairement la différence entre le « prix » (ce que le marché vous propose de payer pour obtenir tel ou tel titre à un instant T), et la « valeur » (ce qui correspond à une « juste évaluation » du business).

La bourse est parfois complètement irrationnelle dans la fixation du prix. Lorsque vous avez une intime connaissance des sociétés en portefeuille ou sur votre « watch list », il est beaucoup plus facile de vous rendre compte des erreurs d’appréciations du marché, au lieu de paniquer sans raison valable.

Ainsi, lorsqu’un foncière cotée dévisse de 15 % en quelques séances sans raison apparente (ex : Foncière des murs, il y a quelques jours, pour ne pas la citer…), pensez-vous que c’est parce que la société vient brutalement de perdre 15% de ses immeubles et de ses locataires, partis en fumée ?

Non, il s’agit d’un simple mouvement de cours, les immeubles sont toujours là et les locataires sont toujours en place. Et vous êtes en mesure de vous en rendre compte pour agir en conséquence !

 

6°/ Utiliser les médias comme un indicateur « contrariant »

Le mimétisme et la comparaison sociale incitent à reproduire des schémas dont on ne sait rien de leur efficacité.

Lorsque les médias parlent de la bourse, ils le font toujours en termes catastrophiques : agiter les émotions permet de faire de l’audience ! Or, intrinsèquement, la peur des uns fait toujours peur aux autres !

Si vous répondez à ce stimuli, vous avez tout faux car vous vous faites manipuler en adoptant la même posture que la foule : vendre au pire moment et mettre fin à votre aventure boursière !

Au contraire, vous devez utiliser les médias comme un indicateur contrariant. Lorsque le journal de 20H parle du dernier krack boursier et de la ruine de nombreux petits porteurs qui vendent en masse dans un mouvement généralisé de panique, c’est que c’est certainement un excellent moment pour acheter vos favorites.

Vous ne pouvez pas espérer obtenir des résultats « hors norme » en faisant comme tout le monde ! Pour cela, il faut vous démarquer dans votre approche…

 

7°/ Utiliser vos propres émotions comme un indicateur « contrariant »

Le meilleur moment pour acheter en bourse, c’est lorsque plus personne ne souhaite acheter. De même, le meilleur moment pour vendre en bourse, c’est lorsque tout le monde souhaite acheter.

  • Si vous ressentez de la peur à propos de la baisse d’un titre de votre portefeuille, parce que vous ne comprenez pas l’origine de cette baisse, malgré tous vos efforts pour vous documenter sur « l’évolution du business », ou que vous estimez que la réaction du marché à une nouvelle est très exagérée, c’est que c’est probablement une bonne opportunité de renforcement ou d’achat à vil prix !
  • De même, si vous ressentez une grande excitation à propos de la hausse d’un titre en portefeuille, et que vous souhaitez ardemment le conserver pour pouvoir continuer à profiter de la « folie haussière » pendant encore quelque temps, alors que votre analyse fondamentale vous démontre que le titre est déjà très cher, c’est que c’est certainement le meilleur moment pour vendre avec profits.

8°/ Etudier la finance comportementale

La finance comportementale met en évidence la différence entre les comportements économiques et financiers des individus et ce qu’ils devraient faire s’ils étaient pleinement rationnels.

Cette discipline nouvelle, qui a acquis ses lettres de noblesse grâce à Daniel Kahneman, Prix Nobel d’économie nous donne beaucoup d’éléments de réflexion en la matière.

Si vous souhaitez aller plus loin, je vous recommande la lecture du livre : « 50 petites expériences en psychologie de l’épargnant et de l’investisseur », dont je parle dans la rubrique « lu et approuvé !« .

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En conclusion, je dirai que vous ne devez pas étayer vos décisions d’investissement ou de désinvestissement sur la base de vos émotions ou d’un exemple socialement acceptable, mais à partir d’arguments objectifs tels qu’une analyse du bilan et du compte de résultat, un raisonnement macro-économique, un calcul de valorisation, de probabilité ou d’actualisation.

 

Bonne soirée et bon week-end.

Stéphane

PS : partagez et commentez si vous aimez ! Je réponds à toutes vos questions en commentaires !

 

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2 réponses

  1. Stéphane dit :

    Bonjour Adrien,

    La recherche d’une marge de sécurité est effectivement un moyen d’encaisser des aléas tels que :
    – une erreur d’appréciation dans l’évolution future du business,
    – un bear market de plusieurs mois ou trimestres.

    Le fait d’avoir une diversification suffisante permet également d’encaisser une mauvaise surprise, une erreur d’appréciation ou un aléa sur un titre en portefeuille.

    En matière de finance, la diversification est le seul « free lunch ».

    Bonne journée.

    Stéphane

  2. Adrien Peters dit :

    Hello Stéphane merci pour ce super article. Je suis sûr que nous mettons en application ne serait-ce que 2 de ces conseils nous serons beaucoup plus serein. 🙂

    J’ajouterai à ton conseil N5 qui nous parle de nous concentrer sur l’entreprise et donc de pouvoir savoir si le prix est bien valorisé ou pas, de nous faire une marge de sécurité sur ce prix dès lors que nous achetons. En effet lorsque nous achetons un titre qui est sous-évalué par le marché, nous nous construisons une marge qui nous aidera à mieux lutter contre une plus grosse chute.

    Merci encore pour cet article. 🙂

    A bientôt, Adrien