Que faire lorsque les indices sont « toppish » c’est-à-dire au plus haut ?

Bonsoir,

Après une hausse quasi-ininterrompue depuis l’élection, à la Maison Blanche, de Monsieur Donald Trump, les indices américains ont pulvérisé leurs records de valorisation. Dans cette séquence temporelle (du 8 novembre 2016 au 03 mars 2017), le S&P 500 passe de 2139 à 2382 points (+11%) et le Nasdaq composite passe de 5193 à 5871 points (+13%).

Cette hausse est le reflet des promesses « pro-business » du nouveau président. Les opérateurs anticipent surtout l’annonce de la baisse de l’impôt sur les sociétés, outre-atlantique de 25% à 15%. Cette baisse, si elle était décidée, aurait comme conséquence d’acter instantanément une hausse des bénéfices des sociétés américaines de 9% sur 2017 ou 2018. Comme souvent en bourse, la rumeur est un prétexte à l’achat, et la nouvelle, bonne ou mauvaise, pourrait bien encore servir de prétexte à la vente (et donc à la baisse).

* En Europe, rien de tel n’a été annoncé chez nous, pourtant le mouvement haussier a été important. Nous avons profité de « l’ambiance générale au beau fixe » : par exemple, notre CAC 40 passe de 4477 à 4995 points (+12%) sur la même période.

Cet emballement nous donne l’occasion de vous présenter différentes stratégies destinées à amortir les méfaits d’une vague de baisse, en distinguant les stratégies « passives » et les stratégies « actives »

I – Les stratégies passives : cash is king !

  • Stopper  l’investissement des versements réguliers pour augmenter le pourcentage de liquidités dans le portefeuille.
  • Stopper le réinvestissement des dividendes versés par les sociétés en portefeuille pour augmenter le pourcentage de liquidités dans le portefeuille.
  • Attendre un repli pour réinvestir cet argent.

Les avantages de ces trois attitudes sont simples à appréhender : elle diminuent progressivement l’exposition du portefeuille au risque des actions. Elle ne coûtent rien et sont, finalement, peu risquées en cas de mauvaise anticipation. Seul bémol, un « coût d’opportunité » pourrait s’ensuivre, si les marchés ont la mauvaise idée de poursuivre encore leur ascension !

L’inconvénient des stratégies passives est qu’elles ne permettent pas, à court terme, d’immuniser totalement le portefeuille contre une baisse de valeur. Elles permettent seulement de mieux profiter des soldes, une fois que la baisse s’est concrétisée, ce qui aura pour conséquence d’améliorer quelque peu la rentabilité à long terme, si le timing a été bon.

II – Les stratégies actives : ordres « stop » et achat de couvertures

Il existe de nombreuses stratégies actives, qui ont pour but soit de compenser la baisse sur les actions restées en portefeuille, par un gain sur un autre véhicule d’investissement, soit de revendre, tout ou partie des positions en portefeuille, si une baisse s’enclenche.

* Ordres stop

Les « ordres stop » ou « stop loss » en anglais sont des ordres de vente destinés à se protéger contre une chute de l’actif (actions ou autres produits financiers) que l’on possède en portefeuille. Ils permettent de déterminer le montant maximal de perte que l’on est prêt à subir en cas de scénario contraire à celui anticipé. Il permet donc de sécuriser un gain sur une ligne du portefeuille qui aurait particulièrement bénéficier de la hausse.

En France ces types d’ordres sont appelés « ordre à seuil de déclenchement » ou « ordre à plage de déclenchement ». Ils sont proposés par tous les courtiers et banques du marché à leurs clients.

– Un ordre à seuil de déclenchement permet de positionner un ordre « à tout prix » qui est activé dès que le seuil de déclenchement est atteint ou dépassé. L’exécution est totale s’il y a une cotation après que le seuil de déclenchement a été côté ou dépassé.

Exemple : vous détenez le titre XYZ qui cote 20 euros. Un ordre de vente à seuil de déclenchement est programmé à 19 euros. Si le titre poursuit sa progression, l’ordre n’est pas exécuté. Si le titre baisse, il est automatiquement revendu lorsque le seuil de 19 euros est atteint. En pratique, cette revente prend la forme d’un ordre à tout prix, ce qui signifie que le prix de revente ne sera pas forcément de 19 euros, mais peut parfaitement être inférieur, si aucune contrepartie n’est disponible à 19 euros.

– Un ordre à plage de déclenchement permet de positionner un ordre « à cours limité » qui est activé dès que la plage de déclenchement est atteinte ou dépassée. L’exécution est totale ou partielle selon la quantité de titres disponibles et le cours limité qui a été défini au départ.

Exemple : vous détenez le titre XYZ qui cote 20 euros. Un ordre de vente à plage de déclenchement est programmé à 19 euros, avec un prix plancher de 18,90 euros. Si le titre poursuit sa progression, l’ordre n’est pas exécuté. Si le titre baisse, il est automatiquement revendu lorsque le seuil de 19 euros est atteint. En pratique, cette revente prend la forme d’un ordre à cours limité à 18,90 euros, ce qui signifie que le prix de revente ne pourra pas être inférieur à 18,90 euros. Il pourra éventuellement être supérieur. L’exécution est plus incertaines, car on peut parfaitement imaginer que titre cote directement en dessous de 18,9 euros, lors d’une ouverture du marché. Dans cette configuration, l’ordre ne sera pas exécuté !

Je vous recommande de n’utiliser que des ordres à plage de déclenchement, qui permettent d’avoir un certain contrôle sur le prix de revente effectif. Les ordres de type « stop » sont à manier avec précaution, car il peuvent avoir pour conséquence de vous sortir trop facilement de vos positions, s’ils sont mal calibrés, ce qui entraîne des mouvements inutiles et des frais de courtage supplémentaires.

* Achat d’un actif dont le prix évolue à l’inverse des indices boursiers

Il est possible de consacrer une partie des liquidités disponibles à l’achat d’un tracker baissier, dont le prix évolue à l’inverse du prix d’un indice, tel que le CAC 40 ou le DAX par exemple. Par ce biais, l’investisseur a donc la possibilité de couvrir ses positions sur les actions qu’il détient dans un PEA ou sur un compte titre ordinaire. En cas de baisse de l’indice, le gain sur le tracker peut compenser tout ou partie de la dépréciation enregistrée sur le reste du portefeuille d’actions.

Les tracker baissiers peuvent être avec ou sans effet de levier.

* Un tracker (ou ETF) baissier sans effet de levier sur le CAC 40 aura pour objectif de répliquer à l’inverse l’évolution de l’indice. Si l’indice enregistre une hausse journalière de +1%, le tracker fera -1%. Si l’indice enregistre une baisse journalière de -1%, le tracker gagnera +1%.

Exemple : Lyxor DAily Short CAC 40 UCITS ETF – SHC (FR0010591362)

* Un tracker baissier avec effet de levier sur le CAC 40 aura pour objectif de répliquer à l’inverse l’évolution de l’indice, avec un coefficient multiplicateur. Avec un tracker baissier x2, on a donc +2% pour une séance en hausse de 1% et – 2% pour une séance en baisse de 1%.

Exemple : Lyxor Daily Double Short UCITS ETF – BX4 (FR0010411884)

Le levier du tracker joue dans les deux sens, ce qui signifie que si l’indice CAC 40 est orienté à la hausse, le cours du tracker va baisser deux fois plus. Mais le portefeuille d’action progressera dans le même temps.

Il est important de savoir que le levier de 2 s’applique séance par séance et que le produit incorpore également les frais d’un emprunt intrinsèque. Si l’indice CAC 40 baisse de 10% sur un mois, mais avec des phases intermédiaires de rebond, le tracker ne progressera pas dans le même temps de 20% car le levier s’applique toujours au cours de clôture de la veille et non par rapport au prix d’achat du tracker. Le tracker sera également impacté par le coût du crédit intrinsèque et les frais de gestion.

En fait, statistiquement, sur le long terme (plus de 2 ans), et du fait de la volatilité combinée à l’emprunt intrinsèque sous-jacent, les ETF baissiers avec effet de levier vont entraîner une érosion du capital initial, quelle que soit la direction des marché. C’est pourquoi, je vous recommande de ne pas acheter d’ETF baissiers avec effet de levier qui sont des produits à détenir uniquement sur le court terme par des investisseurs avertis.

C’est pourquoi  nous avons très rarement recours à l’achat de ce type de couverture, car le coût de détention des trackers bear (valeur « temps ») est très élevé !

Bonne soirée et bon week-end.

Stéphane

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3 réponses

  1. Stéphane dit :

    Bonjour,

    Il y a que deux critères à considérer :
    – le prix proposé pour le versement du dividende en actions. Est-il vraiment intéressant ? A ce prix là, êtes-vous prêt à renforcer ? Si c’est le cas, il faut opter pour le dividende en actions, dans le cas contraire, mieux vaut encaisser le dividende en numéraire,
    – le niveau atteint par le marché. Est-il encore raisonnable de renforcer quoi que ce soit, au risque de ne plus pouvoir le faire un peu plus tard à un meilleur tarif ?

    Actuellement, je dispose de 13800 euros de liquidités dans le portefeuille à dividendes croissants, essentiellement sur le PEA. Cela représente 23% de l’ensemble. Ainsi, je me réserve la possibilité de faire quelques achats au moment des élections présidentielles.

    Stéphane

  2. Guillaume dit :

    Bonjour,

    Lorsque les indices sont au plus haut, quels sont les critères à prendre en compte pour choisir entre dividende en action ou en numéraire, notamment si l’on prévoit de se renforcer en cas de correction ?

  3. Patrick dit :

    Bonjour,
    Une autre stratégie consiste a ne rien faire et attendre la remonte des cours et renforcer sur des prix bas grâce aux dividendes. Cela suppose de n’avoir bien évidemment investi que de l’argent dont on a pas besoin. La diversification géographique et monétaire permet aussi d’amortir des chocs.Le seul critère important est donc le temps.